Saison 2013-2014, la plus offensive depuis 20 ans

Avec 101 points de moyenne par match, la NBA vient de connaître la saison la plus prolifique en attaque depuis… 1995.

119. Sur leurs quatre premiers matches cette saison, les Clippers ont scoré 119 points en moyenne ! Voilà qui augurait l’orgie offensive à venir tout au long de l’année. Le meilleure attaque de la ligue a terminé avec 107,9 points de moyenne, avec une pointe à 142 points face à leurs voisins Lakers !

Les Clippers n’ont pas été l’exception offensive de l’année. Loin de là. En fait, la ligue tout entière s’est portée vers l’attaque : 101 points de moyenne, toutes équipes confondues. Il faut remonter à la saison 1994-1995 pour trouver meilleure statistique.

(En cliquant sur chaque infographie, vous avez accès à une version interactive. L’intégration Infogram ne fonctionne pas sous WordPress. Par ailleurs, toutes les données sont issues du site Basketbal reference.)

Au total, sur les 30 franchises, pas moins de 17 équipes ont scoré 100 points ou plus en moyenne. Hormis 2010, il n’y en avait jamais eu autant depuis 1995 également.

Un autre chiffre vient confirmer cette tendance : l’adresse aux tirs. Elle est en nette progression (+ 0,6 point) en deux ans. Hormis 2010 là encore, l’adresse à 2 points (48,8%), par exemple, n’avait jamais été aussi bonne depuis 1995 (49,1%).

Tous ces chiffres devraient faire sourire au moins un type sur terre : Mike D’Antoni. Car ce futur demandeur d’emploi (il serait temps qu’il le devienne) est en grande partie responsable de cette ligue plus débridée offensivement.

Avant de parler du moustachu, un tour en machine à remonter le temps s’impose. Il permet de réaliser qu’historiquement, la ligue n’a jamais souffert de la crise du panier. Exception faite aux dix premières saisons, quand les équipes ont dû attendre l’arrivée, saison 1954-1955, de la règle des 24 secondes par possession. La moyenne par équipe et par match passe ainsi de 79,5 points en 1953-1954, à 93,1 points l’année suivante.

Depuis lors, la NBA a enchaîné les overdoses offensives. De 1960 à 1972, chaque équipe scorait en moyenne 110 points par match. Avec une pointe record à 118,8 points en 1962 ! On dit merci qui ? À un certain Wilt Chamberlain qui, cette année-là, inscrivait à lui tout seul 50,4 points (en comptant le 2 mars 1962 bien sûr) des 125,4 points des Philadelphia Warriors. Des statistiques inimaginables aujourd’hui.

Malgré l’arrivée régulière de nouvelles équipes, cette tendance à l’offense se poursuit. Dans les années 1970 puis 1980, les Lakers font le show. À l’instar des… Nuggets. Durant toute la décennie 80, Denver, emmené par Alex English, score en moyenne 120 points ou plus. Tout en encaissant autant !

La ligue entame sa mue en 1989, année de l’avènement de Detroit. Saison après saison, les défenses (Bulls, Knicks, Pistons…) se durcissent. Résultat, en dix saisons, la moyenne de points connaît une chute drastique : près de 20 points en moins (109,2 à 91,6). À cette époque, on prête à Michael Jordan cette citation : « L’attaque fait lever les foules, tandis que la défense fait gagner les titres. » Couronné à six reprises, le Goat sait de quoi il parle.

La saison 1998-1999, marquée le départ d’Air Jordan justement et donc l’effondrement de Chicago, est la plus faible année offensive du basket moderne. En cette année de lock-out à 50 matches seulement, les franchises shootent avec les plus faibles pourcentage de réussite aux tirs de la période 1994-2014.

Moins de matches, moins de points, moins de spectacles, moins de spectateurs dans les salles… La NBA perd de sa valeur marchande. David Stern prend alors le taureau par les cornes et va multiplier les règles en faveur des attaquants. Exemple en 2004-2005, le hand-checking (contact entre la main du défenseur et le corps de l’attaquant) est un peu plus réprimandé par les arbitres.

Une évolution des règles couplée à l’émergence d’équipes qui se tournent de nouveau vers l’attaque : les (sublimes) Kings et les Mavs au début des années 2000. Et surtout, les Phoenix Suns de 2004-2005 avec… 110,4 points en moyenne par match. On n’avait plus vu ça depuis dix ans ! Derrière ce basket champagne, il y a le maestro Steve Nash (venu de Dallas justement), et surtout Mike D’Antoni. Avec lui, la philosophie du run and gun, basé sur du small ball, connait une seconde jeunesse.

Les Suns enchaînent les saisons à 50 victoires ou plus. Mais jamais ne gagneront de titres. La citation de Jordan se vérifie. Pourtant, de nombreuses équipes vont s’inspirer par la suite du Suns basketball : les Nuggets de Georges Karl, les Warriors de Don Nelson… Même les Spurs de Gregg Popovich ont pris ce tournant. Équipe chiante rigoriste au possible au début du siècle (92,8 points en 1999), San Antonio, avec Tony Parker et Manu à la baguette, a su débrider son jeu (105,4 points cette année, la plus forte moyenne depuis l’arrivée de Tim Duncan) tout en gardant de solides bases défensives.

Car Pop’ et les autres savent qu’une fois arrivé en playoffs, le basket change. L’intensité défensive grimpe d’un cran. Il est très rare de voir les équipes qualifiées marquer plus en playoffs que durant la saison régulière.

Durant les phases finales, c’est prime à la défense. Et c’est tant mieux. Plus de basket champagne en saison régulière, et plus d’intensité lorsque cela compte vraiment. La NBA y trouve là tout son équilibre.

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