Aux Nets, Reggie Evans rime avec prépondérance

Oui c’est un floppeur et un horrible attaquant. Oui mais Reggie Evans est d’abord un formidable homme de l’ombre.

Faites le test chez vous ! Montrez Reggie Evans à quelqu’un de votre entourage qui ne connaît rien de l’univers NBA. « Ours » ou « bûcheron » devraient être les qualificatifs les plus utilisés pour décrire le bonhomme de Brooklyn.

Avec son crâne chauve, sa grosse barbe, sa carrure imposante, son bandeau noir sur le front et ce maillot neuf des Nets, tout noir lui aussi, le sosie officieux de 50 Cent n’a pas l’air d’un tendre.

Juger son apparence physique n’est pas le propos. Simplement, il faut le dire : il a le physique de l’emploi. Reginald Jamaal Evans est un guerrier. Un dur à cuire. Un Dennis Rodman moderne, du pauvre bien sûr.

Hormis les Clippers l’an dernier, Evans n’a jamais joué pour une très grosse écurie en course pour le titre (Raptors, 76ers, Nuggets…). Pourtant, il est le type idéal, une pièce primordiale pour chercher une bague. Ce qui pourrait être le cas avec les Nets dans un futur proche.

Ne jamais regarder le cercle !

Pourtant, lorsqu’il est sur le terrain, la bande à D-Will attaque littéralement à 4 contre 5. Evans est un trop piètre attaquant (4 points en moyenne en carrière, 52% aux lancers-francs…). Il refuse les tirs qu’on lui laisse à quatre mètres. Il refuse même strictement de regarder le cercle !

Son défaut, qui n’en est pas un, ne pénalise pas le collectif. Au contraire. Brooklyn compte une flopée d’attaquants. Avoir un joueur capable de jouer à ce point au service des autres est une bénédiction pour ces attaquants qui récupèrent les tickets shoots qu’Evans n’utilise pas.

Et attaquer ne rime pas seulement avec dribbler, passer et shooter. Evans est un poseur d’écran hors pair. Une qualité que l’on note rarement car un bon écran pour créer un shoot ouvert ne figure pas dans les stats…

Ce qu’il n’apporte pas en attaque, il le compense en défense avec une activité au rebond exemplaire. Ce dimanche, face aux Blazers, il gobe 14 rebonds et ne prend qu’un seul shoot (il tente 1,2 shoot par match cette saison !). Sa moyenne (8 par match) est correcte, mais il faut prendre en compte son faible temps de jeu : 18 minutes par match.

De fait, il est cette saison sur les bases d’un record. Ses 15 dernières années, aucun n’avait fait aussi bien au rebond sur 48 minutes.

Les meilleures performances au rebond sur 48 minutes, depuis 2000 (avec ESPN).

Une prouesse pour un joueur de 2,03 mètres seulement, que pourrait envier son coéquipier Brook Lopez. Le pivot mesure 2,13 mètres, joue 30 minutes et ne capte que 6 prises par match. Tout est dit !

Evans apporte énergie, dureté, combat. Lors d’un duel acharné avec Ronny Turiaf (Clippers) pour un rebond, le commentateur ne s’y trompait pas : « C’est la seule façon dont peuvent jouer ces hommes-là. »

À 32 ans, il ne sera sans doute jamais sur le devant de la scène. Pourtant, de tous les role players de la ligue, il est sans doute l’un de ceux qui méritent l’attention tant il s’acquitte parfaitement de sa tâche.

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