Le syndrome Rashard Lewis

Désigné pire rapport qualité/prix de ces dernières années, il illustre le mieux la décadence financière dont il a été la victime.

À peine 8 points (38% aux tirs) et 4 rebonds en 26 minutes en moyenne aux Wizards. Soit, c’est pas terrible. Mais quand on apprend que Rashard Lewis était payé 21 millions la saison, il y a peut-être de quoi crier au scandale. Trois millions le point marqué, ça fait cher le panier.

Est-il pour autant responsable de toutes les critiques qui ont déferlé sur lui depuis 3/4 ans ? ­

Oui un peu et, non surtout. Il est d’abord la principale victime de la folie de dirigeants.

Drafté en 1998 au second tour par Seattle, le lycéen début timidement sur le parquet des Sonics de l’époque.

Année après année il progresse. En 2005, il tourne à plus de 20 points par match. Avec Ray Allen, ils forment un duo de shooteurs prolifiques. En même temps que les Suns, ils lancent les prémisses du small ball dont Heat et Thunder ont usé à outrance durant les Finals 2012. Antonio Daniels, Luke Ridnour, Vladimir Radmanovic… Ces Sonics terminent à 52-30, portés par leur duo de all-stars. Lewis est alors à son apogée.

Après deux saisons plus ternes collectivement, le shooteur continue de claquer ses 22 points chaque nuit en 2007. Mais Seattle décide de faire imploser son groupe pour laisser sa place à un jeune loup… Allen s’en va à Boston former le Big Three et Lewis pose ses valises à Orlando.

Les postes 3/4 de 2,08 mètres capables de shooter aussi bien derrière l’arc (39% en carrière) ne courent pas les rues. Sa côte est haute, très haute. Le Magic décide de mettre le prix : 110 millions de dollars pour six ans, soit l’un des contrats les plus gros de l’histoire. Pari osé ou folie pure ?

Mettre autant d’argent sur un scoreur ultra efficace certes, mais qui était avant tout le lieutenant de Ray Allen n’est-il pas exagéré ? À ce prix là, c’est une superstar qu’on se paye. On ne donne pas le maximum à un (bon) second couteau.

Devenu LE boulet salarial

Lewis n’est tout de même pas exempt de tout reproche. Depuis l’obtention de son juteux contrat, son rendement n’a cessé de baisser. Il score 18 points de moyenne en arrivant à Orlando ; à peine 12 à son départ. Considéré car le parfait complément d’Howard pour sa capacité à étirer les défenses, il devient progressivement le bouc émissaire désigné, le boulet de l’équipe, notamment après la défaite en Finals 2009. En cause, ses 5 rebonds de moyenne par match. Pour un joueur de sa taille (2,08), c’est limite. De plus, il reste un intérieur fuyant se contentant de garder sa position derrière la ligne, postant très peu.

Le 18 décembre 2010, Orlando le transfère à Washington pour Gilbert Arenas. Un échange sans aucun effet sportif de part et d’autre, si ce n’est pour le Magic de voir émerger Ryan Anderson au poste 4, qui n’est autre qu’une copie conforme de Lewis…

Pour lui c’est la descente aux enfers. Son passage dans la capitale est anecdotique. Le 20 juin dernier, il est transféré à New Orléans qui le coupe dans la foulée ! Toujours à la recherche d’un club, on parle de lui du côté de Miami (update : c’est fait, pour le salaire minimum. Marrant : il va reformer son duo avec Ray Allen…).

Peser autant d’argent, c’est beaucoup de pression. Ce contrat a sans doute « tué » le superbe joueur qu’il était, surtout après les Finales perdues. Une finale dont on a peut-être oublié son match 2 de titan par exemple (34 points, 11 rebonds et 7 passes !).

Devenu un boulet salarial, Lewis n’a d’autre choix que de rentrer dans le rang maintenant. Ou bien écrire un bouquin : « Otis Smith m’a tué ».

Ses highlights aux Sonics


Une réponse à “Le syndrome Rashard Lewis

  1. Très bon site, continue !

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