Miami Heat, et le rêve devint réalité

Né il y a quelques semaines de la volonté de Pat –je tiens plutôt bien mes promesses (et pas qu’à moitié !)- Riley, le concept de « Dream Team » floridienne s’est concrétisé.

Miami s’est doté d’un deuxième puis troisième « flic », et non des moindres : Chris Bosh, puis (et surtout) LeBron James. Imaginez donc un peu… Les deux susnommés, ajoutés à la star locale : Dwayne Wade. Même en rêve, la chose paraissait difficilement concevable. Et pourtant, 3 des 10 meilleurs joueurs actuels gambaderont sous le même maillot l’an prochain.

Effectif loin d’être parfait

Ce séisme dans l’univers NBA, auquel tout le monde était préparé, permet aujourd’hui de mener diverses réflexions. Tout d’abord, il faut savoir que généralement le basket est un sport où 5 joueurs se doivent d’être présents sur le parquet et qu’un effectif compte entre 12 et 15 joueurs. Alors, quid des 8-9 « figurants » autour du « Big Three » ?

C’était peut-être là une tâche à accomplir plus difficile qu’elle n’y paraissait. À l’intérieur, on fait venir de vieux briscards bien expérimentés : Juwan Howard et Zydrunas – je suis pas amoureux de Cleveland mais de LeBron en fait – Ilgauskas. C’est bien mais pas assez. Il manque toujours à cette raquette le profil du pivot lourd et défensif type Perkins (ou un Jamaal Malgloire à la limite).

Et puis que ce soit Bosh, ou les deux derniers cités, tous ont une fâcheuse tendance à s’écarter du cercle pour leur petit shoot à 5 mètres. En revanche, la signature de Mike Miller est du tout bon. Difficile de comprendre pourquoi il a suscité tant d’intérêt cet été mais son arrivée va venir soulager Wade et James. Un titre de 6ème homme de l’année lui tend les bras.

La dernière grosse interrogation concerne évidemment le poste de meneur. Chalmers et Arroyo ne pèseront pas bien lourds face aux étoiles montantes de l’Est (Rondo, Rose…). Des zones d’ombres subsistent quant à l’effectif dans son ensemble.

ÉgoS en question

Revenons-en à nos trois moutons. En évoquant ce « Big Three » naissant, difficile de ne pas faire de comparaison avec ce qui s’est fait il y a trois ans du côté du Massachusetts. Trois saisons à 60 victoires en moyenne, une finale, un titre : le trio bostonien « PierceGarnettAllen » a révolutionné la maison verte. Avec le « Wade-Bosh-James », ce sont à nouveau les postes 2, 3 et 4 qui sont associés mais avec beaucoup moins de complémentarité. King James et D-Wade, deux joueurs ayant besoin du ballon en main, ont grossièrement le même profil de jeu. Avec ces deux-là, pas de vraie présence extérieure mais un jeu axé sur la pénétration.

Outre l’aspect strictement sportif, la comparaison se fait aussi et surtout au niveau de l’âge. RayRay, KG et Paulo se sont rejoint avec respectivement 32, 31 et 30 ans. Là, on parle de garçons de 26 et 28 ans, et c’est bien là toute la différence. Ils entrent tous trois dans leur second « cycle de carrière », leur âge d’or. Athlétiquement, ils sont au sommet. Pour sûr, ça va courir vite et sauter haut à Miami.

Mais qu’en sera-t-il côté égo ? Cette équipe est d’abord l’équipe à Wade. Que va-t-il en être avec l’arrivée de l’homme le plus marketing de la ligue ? Bosh va-t-il accepter d’être relégué au 3ème plan ? D’autant que celui-ci tweetait il y a peu : « Je veux être le joueur autour duquel on bâtit une équipe. » Et puis, problème de riches certes, mais à qui donner le ballon de la gagne ? Auront-ils la maturité suffisante pour s’effacer durant une fin de match, pendant qu’une des trois étoiles prend feu ? La question est légitime. En 2007 à Boston, les mêmes doutes subsistaient mais la mayonnaise a pris tout de suite car les trois joueurs en question étaient d’une intelligence hors du commun, tournés vers la récompense suprême. En 2010 à Miami, le titre sera-t-il l’unique préoccupation dans l’esprit des trois concernés ?

La fin des rivalités ?

Et surtout, quelle aura la valeur de ce titre, si titre il y a ? Ces derniers temps, les Légendes sont sorties du silence pour commenter cette formation. Bird, Magic ou MJ, tous sont unanimes : il était impensable de s’associer à l’époque. Chacun voulait vaincre l’autre dans l’adversité. Justement, c’est la rivalité entre clubs qui va en prendre un coup. Et quel dommage, car ces dernières années, il y avait un vrai engouement à voir s’affronter deux surdoués de classe 2003 avec un Heat-Cavs ou un Cavs-Nuggets (le dernier en date était tout simplement d’anthologie).

Jason Kidd dit quelque chose de très juste : « Je pense que c’est mieux lorsqu’on a 10 ou 15 des meilleurs joueurs dans des équipes différentes car cela permet à chaque équipe de faire venir du monde. Désormais, cela ne va pas être facile pour Cleveland et Toronto de remplir la salle car ces gars ne sont plus là. Tout le monde dit que ça va profiter à la NBA car Miami va remplir les salles à chaque déplacement, mais je pense qu’au contraire, ça va faire plus de mal. À l’Ouest, les spectateurs ne verront le Heat qu’une fois dans l’année. À l’Est, ils ne le verront que deux fois. D’un côté, c’est donc plutôt décevant même si, côté basket, ce sera forcément attrayant à voir. »

Bref, beaucoup de questions. Et les premières réponses ne devraient pas tomber avant avril prochain et le début des playoffs.

Une réponse à “Miami Heat, et le rêve devint réalité

  1. L’avis de Jason Kidd est en effet très pertinent : il y aura des équipes « too much »et des équipes « too few ». Enfin le basket restant un sport collectif, on peut cependant avoir des surprises!

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